mercredi 21 janvier 2009

dimanche 18 janvier 2009

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Accoudée à mon balcon, je vois les gens qui passent, un indicible sentiment de mélancolie me mange les tripes.
- soupir en ré -
Ma tête se ballotte de droite à gauche suivant le rythme des percutions d'un air de jazz dans ma tête. Et puis le sentiment d'être terriblement seule.
J'ai l'impression ou plutôt la terrible envie d'être différente. Le temps s'est arrêté. Je suis en dehors de toute réalité, je perçois juste le brouillard cotonneux mais glacé autour de moi.
Je ne vois plus le paysage mais juste l'horizon, plus le ciel mais le bleu, les feuilles et non pas l'arbre.
Encore une fois j'essaye de soupirer d'un soupir qui expulserai le poids sur mes poumons.
- soupir en do -
Rien à faire. Je regarde le monde et des larmes coulent sur mes joues, je le trouve sublime et hideux à la fois. Les deux sentiments se juxtaposent, se lient, s'embrassent, se rejettent violemment sans que l'un ne parvienne à prendre le dessus sur l'autre.
Je n'ai rien d'unique ni d'exceptionnel pour personne, je ne ferais sans doute rien pour ce monde alors à quoi bon?
J'ai besoin de rejeter mon sentiment de mélancolie terrible.
Sur le bureau, il y a un paquet de clope que j'ai trouvé dans la rue. J'ai envie d'essayer, je me dis qu'en faisant ça je me démarquerais en levant un interdit que je me suis moi même posée, que j'arriverai à soupirer pour de bon. Je l'allume, l'odeur dans la chaleur suffocante m'écoeure un peu. Je rapproche la cigarette de mes lèvres et puis j'essaie, mes poumons soudain me brûlent, les larmes me viennent aux yeux quand un rafale glacé projette la fumée sur mon visage.
Je n'ai pas réussi à soupirer, je chancelle les larmes aux yeux, de n'avoir pu me départir de mes doutes.
Encore une fois je réessaye, et je fume pour de bon.
Expulser la fumée ne m'apporte pas le sentiment de paix que j'escomptais, j'ai plutôt l'impression que le poids de mes poumons augmente, j'hurle de désespoir. Je les regarde tous passer en bas, et je les hais, leur souhaite la plus longue prolongation possible de leur innocence présumée et en même temps quand prise d'un vertige je me penche plus avant j'ai envie soudain d'embrasser le monde jusqu'à n'en plus finir, j'adore sa beauté sublime, son sourire sois disant enfantin et ses feintes. Mes poumons me brûlent, le brouillard n'en finit plus de s'étendre.
Et puis soudain, je tombe.


Si un jour je fume, il ne faudra pas que ce soit sur ce balcon.

lundi 5 janvier 2009

mémoire outre atlantique

Mon coeur s'ancre dans la mélancolie,

s'en nourrit jusqu'à exploser.


Son attitude hautaine,
Ces paroles creuses qui lui vont s'y mal,
Ces mots qui m'arrachent un sourire en coin malgré moi.
Ces quelques mots qui me font tant d'effet,

Ses longues et gracieuses mains me manquent, son regard perçant, ses clins d'oeil affables, ses longs cheveux, son regard quand il me voit, et son ombre derrière moi. J'ai besoin de son souffle sur mon épaule, ses sourires en coin, ses yeux brillants quand il m'apperçoit, sa voix quand il s'enflamme, son rire quand il s'en va, ses regards furtifs, son corps qui se rapproche explicitement, son silence entendu, sa démarche dégingandée, sa prétention bornée, ses bras autour de moi, son cri rivolté, sa timidité maladive, ses ventardises hostentatoires, et puis sa soufrance hurlante quand il s'en va, en silence à jamais, ne se retournant qu'une fois.

Je n'aime réelement personne mais à tous
je vous aime à en crever.

samedi 3 janvier 2009

bavardage

L'Amérique, du nom pompeux que les Etats-Unis d'Amérique se donnent, se dorent dans un consumérisme ignoble. Chaque coin de rue sent la nourriture, les affiches tapageuses, les écrans publicitaires vous agressent jusque dans les taxis et les ascenseurs. Tout paraît trop grand jusqu'aux parts démesurées de nourriture qui de nombreuses fois soulèvent en moi un haut le coeur incontrôlable. Pis encore, s'en bien même y adhérer, on semble s'y habituer. Les corps s'étendent dans toute leur larguer où les richesses matérielles prennent leurs aises dans les amas de graisse putride. Les sourires creux des vendeuses sont soulignés par leurs rires superficiels. Les poubelles s'étalent sur les trottoirs le soir ; le lendemain du réveillon elles chantent le verre fracassé et embaument la graisse. La foule semble pis qu'une fourmilière. Les hot dogs et autres saloperies fleurissent comme dans un jardin. Des éléphants businessman débattent sur la faim dans le monde et du siège de Gaza autour de boissons vitaminées à acheter au litre pour 1$.
Les USA sont une orgie perpétuelle.
La richesse de leur musée, si elle émerveille semble parfois un étalage de luxe incompris.
Leur accueil fait chaud au coeur, l'atmosphère oppressante des buildings laissent place à la beauté terrible du parc glacé. Les oiseaux patinent sur la glace et les enfants rient avec eux tandis ce qu'aux alentours on vend des reproductions de photos connus. Le Guggenheim est splendide dans sa spirale infinie, China town et Little Italy cohabite à une maison près, et des chinois vendent des drapeaux italien et américain. On mange du canard pour 5$. Time square rayonne de milles feux et malgré le froid les gens s'agglutinent pour chanter leur espoir naïf en la nouvelle année. Parce que eux, malgré tout, ont cette fois d'espérer.