lundi 14 décembre 2009

Le vent glacial déjà.

Finalement on ne se suicide pas par désespoir mais par désabusement.
L'amertume de ne plus se sentir passionné et de ne voir que la froideur hypocrite des jours qui s'écoulent quand derrière un souffle nous dit qu'avant on trépignait brûlant de douleur et de bonheur.

Le vent brûlant ne nous tire même plus de larmes.

mercredi 17 juin 2009

J'aimerais bien être Monsieur Rien.

Un jour Monsieur Peu rencontra Monsieur Rien. Monsieur Rien n'ayant rien envia Monsieur Peu de son peu. Mais Monsieur Peu ayant Peu envia Rien de ne pas connaître le peu. Car Peu ayant le peu connaissait un peu le Tout et Monsieur Tout narguait Monsieur Peu et Monsieur Rien, le nez en l'air, fier d'avoir tout. Mais tout pour tout ne pouvait pas exister car si Tout il y a il n'y a pas de Peu. Et Peu engendrant rien, Peu détruisant Rien (il lui apprenait son sort et l'en sortait donc) il lui donnait un peu et chacun pleurait sur son rien qui était peu.

Pour une fois, que je vis les merdes que j'écrit.

Venin

Comme à chaque échec relationnel, je suis muette devant l'improbable, la blessure béante.
Le venin de ses paroles s'incrustent sinueusement en moi malgré leur évidente irréalité.
Je ne suis plus rien, je me dilapide en particules, me recroqueville sur l'unique moi qui n'est plus à présent douleur. Je lève la tête un peu, pour me rappeler qu'au final, je suis seule et dépend entièrement des quelques relations stables que j'ai pu former. Je me rappelle mes instants de solitude terribles, face à elle, face à eux, une fois par an au moins. Cette fois j'ai plus mal encore parce qu'en plus cette fois, j'aimais. Et car c'est une fois de plus. Cette fois je comprend pourquoi, malgré tout, ma tristesse ne me quitte jamais et c'est enracinée au fond de moi au fil des ans comme un poison, un étau autour de ma tête.

Cette fois encore, je remet tout en cause. Je ne suis rien, rien, rien. Je suis démunie sans aucun talent. Il m'a détruite en deux mots. Je me recroqueville encore, je me dis que demain je hurlerai sûrement mais qu'à présent les affres du sommeil et le travail me paraissent être les meilleurs exutoires possibles.

Je ne me ferai pas l'affront de répéter ses paroles.

mardi 2 juin 2009

.

Trouve trop difficile de construire un texte,
est en permanence insatisfaite.

Ineptie


Jane baragouine derrière moi dans la langue que j'entends depuis l'enfance mais auquel j'ai n'ai jamais ouï mot. Je change de place, ouvre une fenêtre et m'assied face à un océan de vert. Les branches de l'aïeul bruissent sous les aléas du vent, des vagues de lumière marquent son mouvement. L'ombre d'une feuille sur l'autre m'amuse et m'attendrit. Elle projette son image sur son aînée. Elle s'effile quand l'air frais se lève devient cassante et lutte pour étendre de nouveau son pouvoir sur l'aînée. En vain, l'autre rit, s'échappe sans effort dans l'immensité de son corps. Elle boit goulûment le soleil dont la cadette est si avare, elle s'épanouit heureuse de son pouvoir sur l'autre et profite des privilèges de l'âge. Lesquels la rattrape aussitôt. Car à présent c'est la cadette qui rit, elle s'est rendu compte qu'elle dore tout entière alors que l'autre est partiellement sous l'éclipse. Perfide, la cadette ricane d'avoir encore plus longtemps à vivre que l'autre.
Mais l'une sans l'autre ne sont rien car toutes deux vivent de la souffrance qu'elles affligent à l'autre et la cadette agonise au moment de la mort sénile de la vieille.

Je suis heureuse, souris béatement à la brûlure du soleil, travaille avec presque délectation mais sûrement pour oublier.



Je crève dès que je vois son nom écrit.

mercredi 6 mai 2009

début d'essai

Une douleur sourde au bas des reins, une épingle de douleur qui sinueusement remonte dans le creux de mon dos puis s'étalle en cascade toujours plus bruyante jusqu'à l'apogée du final: un grondement sourd qui résonne partant du centre de moi même puis éclate en gerbe d'aiguilles. Et toujours le même début et cycle. Ils ont raison, le dualisme est une blague inconcevable, j'ai mal, je ne réfléchis plus et mon esprit se replit sur mon corps, le protegeant du mieux qu'il peut mais incapable de gérer un état dans lequel il prie ne pas être. J'ai peur.

Je pense que j'aimerais écrire un roman. Ne m'en sens pas capable, pour l'instant des idées jetées me vont mieux.

lundi 20 avril 2009

veste bleu

L'idée que d'écrire sans rien avoir à dire réellement me parait insoutenable.
Mais mon incapacité à me détendre, me pousse à tenter, une fois encore, de m'extérioriser par ce moyen, qui fut tant efficace déjà maintes fois.
Je voulais écrire du théâtre, on verra si je pars la dessus plus tard. La dernière fois, que réellement j'ai écrit, c'était dans un vieux carnet de notes gardant les traces de mes expériences, ou plus explicitement, défoulages violents, à l'encre et au feu.
J'ai écrit pour la première fois, dans ce vieux carnet de notes il y a quelques mois, je ne sais pas exactement quand. Je pourrais savoir mais je ne souhaite pas bouger. Il contient les traces de mes passages moribonds. Portraits de camarades, jamais réellement d'amis, odeur de brûlé insupportable, pas de clope, juste de papier brûlé. Je ne fumais pas. Des notes de philo prises sur le vif, des ébauches de dissertation, et puis mes textes absurdes de théâtre écrits dans une demi torpeur sous des sortes de pulsions primitives. Comme maintenant, en mieux. Car alors, je me laissais aller pour de bon. Peut-être, sûrement, n'avais-je pas cette barre pesante de stress qui me plombe les poumons depuis maintenant plusieurs semaines.
Je me dis que je vais tenter, un peu d'écrire.
A côté, il y en a un qui tousse, un autre qui chantonne ses amourettes déçues et écourtées d'avance. Je pourrais en prévoir la fin, bim bam, déçu, déçue surtout, pénible, fatiguée, égoïste lui et puis largage, comme on dit maintenant, brutal, décevant, minable, trop jeune. J'espère le coup de théâtre et la mise à mal de mon scénario. J'aime bien la gamine.
Il y en avait un autre qui me faisait rêver, il me parlait de falaises de Provence, de Villa du sud, de vernissage de jeune artiste, au nom jamais révélé, de trajets toujours, tristes trajets, cafés et journaux, étude de vieilles de famille, d'italien incompréhensible, de dialogues incompréhensibles, de références à tire larigot, de solitude, de célibat, d'absurde beaucoup, d'expériences vécues, d'amours perdus, de société incompréhensive car à côté de la plaque.
J'aimais me dire que je le comprenais, qu'on était pareil, moi qui lui avouais mes faiblesses et mes doutes terribles, et lui avec sa chauvitude cocasse ; avant que je ne m'en rende compte vraiment, il m'était indispensable.
Demain il y a la nouvelle star. [j'entends ça]
Demain, je vais revoir Céline et puis surtout l'un des deux sosies, j'y vais exprès.
A m'entendre on dirait une confession. Peu de gens me lisent, seulement mes proches, heureusement.
A vrai dire, ça me fait plaisir.
Bizarrement je ne vais pas mieux. Je pense que j'irais mieux une fois que j'aurais accumulé un très grand nombre de connaissances mais il (Y.) me l'a dit: "Il faut juste prendre conscience qu'un énoncé peut être plus rapide. C'est la lecture qui est lente." En fait Y. prend la place de Clarence. Il faudrait que je reparle à Clarence tantôt. Il avait juste la fâcheuse habitude de me faire sentir idiote, quand bien même je le suis, ça ne favorise pas vraiment le dialogue, quoique ses monologues fussent intéressants. La lecture est trop lente donc.
A se demander combien de temps perd l'imbécile ou le condescendant ou tout simplement l'ami(e) (merci très chère, unique très cher(e) sûrement) qui lit mes déblatérassions inutiles. Je ne dirais pas futiles car elles ont un but salvateur, non expérimenté cependant pour le moment.
Ceci étant un immense brouillon, premier brouillon que je poste comme tel à vrai dire, sans me poser au passage la question de l'utilité pour un public: il n'y en a pas, allez voir ailleurs si je n'y suis pas: le loup à manger Pierre pourquoi pas vous? Et d'ailleurs quand est-il D'Isidore?

Après l'adieu de Pierre, Isidore fixa le loup. Non décidément c'était trop bête, une pauvre bête pitoyable, mangeant un avorton pareil. Il ne ressemblerait à rien après coup.
La carcasse de Pierre offrait un intéressant contraste avec le décors. Le bras d'Isidore à vrai dire, dans la gueule du loup était intéressant. Un pauvre locque pendant d'une autre.
Le loup, qui avait été porté à tant de considérations métaphysiques était décharné, comique, tremblait sur ses pattes, au point qu'on se demandait s'il ne consommait pas. C'était le sang de Pierre ça. Demain il fera beau j'espère.
J'en ai marre j'en ai ma claque de ce cloaque.
Je m'en vais dormir, comme j'ai dis à l'autre
veni, vidi, vici, haha
et je vous emmerde tous mes amours.
(Ou la fin incomprehensible)
Mais ils fallaient bien, que voulez vous!



A

jeudi 16 avril 2009

pas très stable psychologiquement parlant...

En ce moment je me vomierai presque.
Il faudrait que j'écrive tantôt.

lundi 30 mars 2009

La loco

Ils étaient beaux à crever tous autant qu'ils étaient.
Une salle de concert rend les gens subitement beaux, ils les dérogent à leurs obligations quotidiennes et les rend à eux mêmes. Soudains ils sont libres, des masses entières d'énergie, qui sous le fracas des instruments, battent le sol d'un même rythme.
Et puis, il y avait lui, il les transcendait tous de loin, une chevelure d'ange, des yeux verts pétillants, un visage fin, subliminale. Elle le regardait avec envie, une envie presque bestiale. Car on aurait dit moi, c'était moi en face de JC, il était son sosie, ses théories sur l'amour en moins; c'était moi au même instant, à part que moi, je devais me restreindre. Ne pas le regarder car, Elle le voulait, et Elle malgré toutes mes envies, comptait trop pour moi. Après, va savoir si elle aurait fait la même chose à ma place: c'était très dur.
Elle tremblait des pieds à la tête, son coeur battait à la chamade, tout son corps le désirait, à tel point qu'elle n'osa pas lui parler. Elle était adorable, maladroite dans son corps qui soudain paraissait trop grand pour celle qui, en tant normal, le maîtrisait si bien.
Je me demandais si Elle ressentait la même chose que moi: cette idiotie que d'apparaître comme une groupie, chose particulièrement abaissante pour quelqu'un aux valeurs si hautement arrêtées. Dans le métro, Elle ne put s'empêcher de s'arrêter en face d'eux sur le quai. Ils nous regardaient, un point noir au milieu d'une feuille blanche: nous manquions terriblement de discrétion. Elle ne connaissait pas, dans ces moments là un tel concept, je ne le connaissais jamais: je regardais toujours les gens dans les yeux. Le train démarrait; encore une fois, Elle, je, ils se regardaient et puis quand A. et l'autre disparaissaient dans l'ombre, ensemble on soupira idiotement, et je riait.

Désolée M. je sais très exactement ce que tu ressens.

lundi 16 mars 2009

Le point réitéré

On a rien inventé.
(malheureusement)
a & m

mardi 10 mars 2009

Le vide - Beaubourg

Got Ya!
a & c

mercredi 18 février 2009

.

Je crois qu'il est inutile d'essayer de cerner les méandres de l'âme humaine.
Ils nous échappent irrémédiablement.
Les articles précédents témoignent de ces tentatives foireuses et réitérées.

Expériences et autobiographies

22 Janvier

Elle - Et, Pchitt! Elle est belle sa copine?
Lui - Pourquoi? Ça t'aurait plu?
E - Hinhin, t'es jaloux?
L - T'es une peste en fait.
E - Je te relance le compliment.
L - ...
E - Alors comme ça t'es seul.
L - Ouaip, et toi c'est la décadence célibataire.
E - Jla joue solo oui.
L - T'as déjà eu un mec.
E - Oui... Et toi?
L - Tu me prends pour quoi?
E - ...
L - T'as déjà fait l'amour?
E - De quoi je me mêle?
L - T'as déjà fumé un joint?
E - Non.
L - Alors t'as jamais fait l'amour.
E - T'as des théories bizarres.
E - Dans ce cas on va dire que j'ai jamais fait l'amour.
L - Ça veut tout dire ça.
E - Bof. Et toi? T'as déjà fumé un joint?
L - Non, on a qu'a essayer ensemble.
E - Ça va pas non? On est du même sang je te rappelle.
L - C'est vrai..
L - On a qu'à oublier alors...
E - Oui, on pourrait.
E - Mais ça risque pas de marcher.
E - ...
L - C'est vrai: je ne t'attire pas.
E - Et réciproquement.
L - C'est vrai.
E - Et?!
L - Quoi?
E - Elle est belle alors?


24 Janvier
L'art ne sert à rien d'autre qu'à prouver à l'homme l'existence de son talent certain.
L'art est l'inutilité sublime.
Avant on s'en servait pour fixer des personnages, maintenant on a la photo de famille, on a la mondialisation, on appartient à rien, l'art ne sert plus qu'à fixer l'âme de l'artiste et une part de l'immensité changeante; faudrait-il qu'il y parvienne.
1er Février
P - Elle l'a trouvé.
I - Quoi?
P - L'hontéroîsme.
I - Qu'est ce que c'est.
P - Un nom.
I - Et?
P - Rien, c'est tout.

I - Ils avaient trouvé la passion et ils sont morts dans l'inceste.
P - Alors ils ont continué?
I - Non, il a succombé à une autre.
P - Et elle?
I - Elle le donnait.

I - Elle écrivait dans le noir à la lumière d'une bougie, son coeur se serait d'une culpabilité passagère et il jouissait à l'idée d'enfin se connaître.
P - Elle connaissait ce qu'elle voulait être ou bien elle même?
I - Elle ne le sait pas.
P - Et bien, quand bien même elle ne saurait que ce qu'elle souhaiterait être est ce qu'elle ne se connaîtrait pas un peu?
I - Elle lui a dit qu'elle était différente même si elle paraissait classique.
P - Qu'est ce que ça veut dire?
I - Je ne sais pas, peut être qu'elle a l'esprit de contradiction.
P - Ça veut dire quoi classique?
I - Rien, sûrement qui se fond dans la société.
P - Alors elle était associable?
I - Même pas.
P - Alors quoi?
I - Ça veut dire qu'elle se sentait différente.
P - Elle lui a dit qu'elle était vouée à galèrer.
I - Elle en pense quoi?
P - Ça l'effraye un peu voir beaucoup mais sans plus.
I - Elle est idéaliste.
P - Sûrement.
I - Elle a ses rituels?
P - Oui, une chambre.
I - Qu'y fait-elle?
P - Des expériences.
I - On peut les voir?
P - Parfois.
I - Dis, c'est quoi être heureux?
P - Faire des expériences.
I - A bon.
P - Il parait aussi qu'elle était dépendante du regards des autres.
I - A. Elle ne pourrait pas vivre seule alors.
P - Non, malheureusement.
I - Et ça c'est quoi?
P - Inutile.
I - Comment?
P - Inutile.
I - Je ne comprends pas.
P -
De tout évidence.
I - Je m'en vais, au revoir.
P - Adieu.

I - Tu comprends l'hébreu?
P - Non.
I - Tu fais quoi?
P - Je me dope à la fumée.


J'agis souvent de manière impulsive.
Maintenant ce cahier pue le brûlé.

Je fais dans l'absurde: HAH!


Le monologue a toujours eu ce côté intéressant que bien que monologue il est censé être écouté.
Le fait est que le mien restera incoerssiblement unilatéral - d'où sa définition - mais non complètement monologue car non écouté par ses spectateurs.
Le monologue réel n'existant pas, tout ce dialogue unilatéral devrait se perdre dans les méandres de la pensée inconsciente collective.

P - Attention! - cria Pierre
I - Quoi?
P - Voila le loup!
I - Nous voila bien avancés.
I - Le loup, "lovare vulgarus' ne peut rien contre L'homme 'homininé, hominidé, hominiré au-minaré' qui doit sa supériorité sublime à son intelligence ("intelege": comprendre lat) et de sa raison. L'application de ces deux préceptes l'ont en effet porter à considérer l'intérêt de la création d'armes à feux: elles permirent en effet de faire grossir la dinde jusqu'à noël et d'en tenir éloigné le canidé.
P - Certes mais nous n'avons point de fusil , - dis alors Pierre.
I - Le loup rassasié n'attaque pas sa proie, il est vrai également que le chacal aboie.
P - Certes mais tu ne peux deviner si notre loup est rassasié ou pas.
I - Il faut alors calculer la probabilité qu'une pulsion meurtrière soit lancée par le cerveau de la bête et atteigne son cortex supérieur avant que l'ordre définitif d'attaque ne soit envoyé dans les muscles via les liaisons intra neuronales.
P - Mais nous ne possédons point d'information sur la population de départ, ni le pourcentage populesque de la population lapine du secteur au kilomètres carré. Il semble alors préférable de fuir.
I - Soit fuyons.
P - Où?
I - Ailleurs.
P - Je ne suis pas avancé.
I - Prend garde, le voila qui approche.
P - Il n'a pas l'air bien méchant.
I - Je conseille de courir... Dans la direction vectoriellement corollaire à celle du loup et de même
signe.
P - Des études poussées en biologie relativiste m'ont permis de deviner que sa morphologie est plus adaptée à la course que la notre.
I - L'homme a cette chance que les animaux n'ont pas d'avoir la religion
P - Alors prions
P -...
I - Il est passé.
P - Oui, mais j'ai perdu un bras.
I - Dieu est grand: ce n'est pas moi.
P - Isidor, je meurt.
I - Me voila navré.
P - Le loup revient.
I - Je te rejoint bientôt, sûrement.
P - Malheureusement on m'appelle.
I - Adieu.
P - A bientôt.


A mon très cher voisin

dimanche 15 février 2009

Try to guess






.




L'innutile ne l'est jamais totalement.

jeudi 5 février 2009

crumbling away


Automne 2007,
Marguerite, Amélie et Alix
Photomaton


mercredi 4 février 2009

Pyroman


et dans le noir ~ <3


mercredi 21 janvier 2009

dimanche 18 janvier 2009

;


Accoudée à mon balcon, je vois les gens qui passent, un indicible sentiment de mélancolie me mange les tripes.
- soupir en ré -
Ma tête se ballotte de droite à gauche suivant le rythme des percutions d'un air de jazz dans ma tête. Et puis le sentiment d'être terriblement seule.
J'ai l'impression ou plutôt la terrible envie d'être différente. Le temps s'est arrêté. Je suis en dehors de toute réalité, je perçois juste le brouillard cotonneux mais glacé autour de moi.
Je ne vois plus le paysage mais juste l'horizon, plus le ciel mais le bleu, les feuilles et non pas l'arbre.
Encore une fois j'essaye de soupirer d'un soupir qui expulserai le poids sur mes poumons.
- soupir en do -
Rien à faire. Je regarde le monde et des larmes coulent sur mes joues, je le trouve sublime et hideux à la fois. Les deux sentiments se juxtaposent, se lient, s'embrassent, se rejettent violemment sans que l'un ne parvienne à prendre le dessus sur l'autre.
Je n'ai rien d'unique ni d'exceptionnel pour personne, je ne ferais sans doute rien pour ce monde alors à quoi bon?
J'ai besoin de rejeter mon sentiment de mélancolie terrible.
Sur le bureau, il y a un paquet de clope que j'ai trouvé dans la rue. J'ai envie d'essayer, je me dis qu'en faisant ça je me démarquerais en levant un interdit que je me suis moi même posée, que j'arriverai à soupirer pour de bon. Je l'allume, l'odeur dans la chaleur suffocante m'écoeure un peu. Je rapproche la cigarette de mes lèvres et puis j'essaie, mes poumons soudain me brûlent, les larmes me viennent aux yeux quand un rafale glacé projette la fumée sur mon visage.
Je n'ai pas réussi à soupirer, je chancelle les larmes aux yeux, de n'avoir pu me départir de mes doutes.
Encore une fois je réessaye, et je fume pour de bon.
Expulser la fumée ne m'apporte pas le sentiment de paix que j'escomptais, j'ai plutôt l'impression que le poids de mes poumons augmente, j'hurle de désespoir. Je les regarde tous passer en bas, et je les hais, leur souhaite la plus longue prolongation possible de leur innocence présumée et en même temps quand prise d'un vertige je me penche plus avant j'ai envie soudain d'embrasser le monde jusqu'à n'en plus finir, j'adore sa beauté sublime, son sourire sois disant enfantin et ses feintes. Mes poumons me brûlent, le brouillard n'en finit plus de s'étendre.
Et puis soudain, je tombe.


Si un jour je fume, il ne faudra pas que ce soit sur ce balcon.

lundi 5 janvier 2009

mémoire outre atlantique

Mon coeur s'ancre dans la mélancolie,

s'en nourrit jusqu'à exploser.


Son attitude hautaine,
Ces paroles creuses qui lui vont s'y mal,
Ces mots qui m'arrachent un sourire en coin malgré moi.
Ces quelques mots qui me font tant d'effet,

Ses longues et gracieuses mains me manquent, son regard perçant, ses clins d'oeil affables, ses longs cheveux, son regard quand il me voit, et son ombre derrière moi. J'ai besoin de son souffle sur mon épaule, ses sourires en coin, ses yeux brillants quand il m'apperçoit, sa voix quand il s'enflamme, son rire quand il s'en va, ses regards furtifs, son corps qui se rapproche explicitement, son silence entendu, sa démarche dégingandée, sa prétention bornée, ses bras autour de moi, son cri rivolté, sa timidité maladive, ses ventardises hostentatoires, et puis sa soufrance hurlante quand il s'en va, en silence à jamais, ne se retournant qu'une fois.

Je n'aime réelement personne mais à tous
je vous aime à en crever.

samedi 3 janvier 2009

bavardage

L'Amérique, du nom pompeux que les Etats-Unis d'Amérique se donnent, se dorent dans un consumérisme ignoble. Chaque coin de rue sent la nourriture, les affiches tapageuses, les écrans publicitaires vous agressent jusque dans les taxis et les ascenseurs. Tout paraît trop grand jusqu'aux parts démesurées de nourriture qui de nombreuses fois soulèvent en moi un haut le coeur incontrôlable. Pis encore, s'en bien même y adhérer, on semble s'y habituer. Les corps s'étendent dans toute leur larguer où les richesses matérielles prennent leurs aises dans les amas de graisse putride. Les sourires creux des vendeuses sont soulignés par leurs rires superficiels. Les poubelles s'étalent sur les trottoirs le soir ; le lendemain du réveillon elles chantent le verre fracassé et embaument la graisse. La foule semble pis qu'une fourmilière. Les hot dogs et autres saloperies fleurissent comme dans un jardin. Des éléphants businessman débattent sur la faim dans le monde et du siège de Gaza autour de boissons vitaminées à acheter au litre pour 1$.
Les USA sont une orgie perpétuelle.
La richesse de leur musée, si elle émerveille semble parfois un étalage de luxe incompris.
Leur accueil fait chaud au coeur, l'atmosphère oppressante des buildings laissent place à la beauté terrible du parc glacé. Les oiseaux patinent sur la glace et les enfants rient avec eux tandis ce qu'aux alentours on vend des reproductions de photos connus. Le Guggenheim est splendide dans sa spirale infinie, China town et Little Italy cohabite à une maison près, et des chinois vendent des drapeaux italien et américain. On mange du canard pour 5$. Time square rayonne de milles feux et malgré le froid les gens s'agglutinent pour chanter leur espoir naïf en la nouvelle année. Parce que eux, malgré tout, ont cette fois d'espérer.