Je dois avoir un problème.
Je sens une eau de cologne trop forte pour moi, je l'aime bien, elle donne une présence, je vois une feuille morte qui se balade encore au bout de sa branche, ding ding, en haut en bas, ballottée par le vent violent elle s'accroche.
Je prend des photos d'un appareil photo démonté de A à Z au lieu de faire des maths.
Je rêve d'un piano au rythme saccadé comme quelqu'un qui marcherait la nuit dans un couloir en tentant de ne pas faire de bruit.
Je rêve de ce même couloir, noir, avec je ne sais quoi au bout, la même musique saccadée qui s'élève à chacun de mes pas, le bruit de ma respiration, mes doigts qui longent les murs glacés tâtant chacune des interstices, passant du bois, à l'acier, frôlant des clous et évitant les échardes de justesse. Et d'avancer en aveugle guidée seulement par une curiosité dévorante de savoir ce qu'il y a après, d'atteindre finalement le fameux piano, celui dont le rythme s'accélère au chacun de mes pas. Je rêve de l'ombre de ce foutu ressort qui s'arrête, brusquement, d'un coup. Des volutes réguliers du métal prolongés par ceux de l'ombre, j'entends le même rythme régulier que celui du piano mais celui-ci s'estompe, il est des volutes de fumée, le son baisse au fur et à mesure, il est de plus en plus bas, il n'est plus qu'un murmure et soudain sous l'injonction du son cristallin d'un triangle, il n'est plus.
Je suis restée, mardi, prostée dans ma chambre, sous la lumière tamisée du soir, à regarder la nuit manger le jour.
Alix
1 commentaire:
miaou :)
*pourboire de caline*
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