Je crois que si je devais expliquer cette manie que j'ai à ne travailler sérieusement qu'une fois le fusil dans le dos je dirais que cela relève de ma nature de réveuse irratrapable. Parce que le fait est, que je ne peux m'empécher une fois devant mes pages et pages de cours de penser à autre chose, de réver, d'écrire un texte sans aucun rapport sur le côté, de le jeter ensuite, de finir un livre, un carnet de croquis. Et puis, à quoi bon culpabiliser car je m'instruit au fond, j'apprend, je "philosophe" ou plutôt je tente.
Après son cours aux arts décoratifs elle rentra chez elle. On dîna avec ses parents, sa soeur était là, elle ressemblair à un petit monde à elle toute seule. Elle était habillée en turquoise et son ventre rond ressemblait à la coupole céleste. Elle la trouvait belle, sublime même. Elle lui dit car après tout, elle ne se mentait pas, elle l'avait toujours idéalisée. Même à présent elle avait du mal à la regarder sans ses yeux éberluées de petite fille. Quand elle y arrivait, quand elle se considèrait une égale elle la trouvait tout de même fantastique. Car pour elle elle représentait cet idéal de l'artiste, pour moi elle a toujours été l'Artiste, quand bien même j'en ai rencontré d'autres. Elles se rendirent toutes les deux au cinéma MK2 à Jaurés, sur les quais. Elle découvrit ses amis, qu' elle trouva merveilleux d'intelligence. Ou plutôt intéressants, inaltérables et simpathiques. Elles rentrèrent tard chez Marine, et elle dû rester chez elle.Elle adorait son chez elle. Elle s'y sentait bien en paix, dans une sorte de bulle créative à l'écart du monde. Un monde à part. Elle prit un livre dans sa grande bibliothèque et elle s'endormit en lisant La machine infernale de Cocteau. J'ai juste le souvenir d'une douceur immense, auprès d'elle. Je ne saurais peut-être jamais ce qu'elle pense de moi mais mon estime pour elle dépasse toute entente. C'est d'ailleurs pourquoi je ne souhaite pas qu'elle vienne ici, qu'elle lise mon intimité, qu'elle me juge. Comme avec beaucoup de personnes je garde une certaine réserve mais mes yeux doivent me trahir. Le lendemain je me suis levée avant elle. Le chauffage, à l'ancienne crépitait comme le bois d'une cheminée, la lumière du dimanche matin était douce, je me suis assise, solitaire, lisant, attendant qu'elle se lève. On a pris un 'ti déj que l'on est allé acheter dans le froid vif du matin, puis elle m'a donné des habits, elle a appelée un taco et puis je suis partie.
lundi 8 décembre 2008
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