samedi 27 décembre 2008
le drame de la boulimie relationelle
Je me rends finalement compte que d'être dans la peau de gens extravertis doit être chiant au possible, de sourire, de parler tout le monde et de rayonner tout le temps.
Et pourtant, pour l'instant je suis rend heureuse.
C'est psychologiquement très intéressant de vivre en effervescence.
Il fait un froid glacial, le vent rentre dans mes vêtements, j'écoute parler une amie d'une oreille
"alala Alix, quelle people", cela me fait presque de la peine qu'on me voit comme ça, j'aime bien mon image de fille introvertie et associable, je la trouve très classe. Cela me ressemble plus moi et mon humeur morose.
Çà me permet de rêver dans mon coin.
Mais pour l'instant je suis heureuse.
Je vis en perf de connaissances, au point d'en devenir dingue, le temps est glacial, le soleil est resplendissant, les pattes dégueulasses, les personnes intelligentes et gentilles, je suis dans un état d'hébétude totale.
Si c'est le bonheur, je viens d'en vivre une semaine.
vendredi 19 décembre 2008
scénographie
Vous savez les jeux pour enfants? Les jeux mécaniques où on a un 'tit train qui tourne en rond.
Lundi il repasse par la gare, case départ.
Au turbin
tu tut
Pour la peine un ressort.
mardi 16 décembre 2008
noche
Je dois avoir un problème.
Je sens une eau de cologne trop forte pour moi, je l'aime bien, elle donne une présence, je vois une feuille morte qui se balade encore au bout de sa branche, ding ding, en haut en bas, ballottée par le vent violent elle s'accroche.
Je prend des photos d'un appareil photo démonté de A à Z au lieu de faire des maths.
Je rêve d'un piano au rythme saccadé comme quelqu'un qui marcherait la nuit dans un couloir en tentant de ne pas faire de bruit.
Je rêve de ce même couloir, noir, avec je ne sais quoi au bout, la même musique saccadée qui s'élève à chacun de mes pas, le bruit de ma respiration, mes doigts qui longent les murs glacés tâtant chacune des interstices, passant du bois, à l'acier, frôlant des clous et évitant les échardes de justesse. Et d'avancer en aveugle guidée seulement par une curiosité dévorante de savoir ce qu'il y a après, d'atteindre finalement le fameux piano, celui dont le rythme s'accélère au chacun de mes pas. Je rêve de l'ombre de ce foutu ressort qui s'arrête, brusquement, d'un coup. Des volutes réguliers du métal prolongés par ceux de l'ombre, j'entends le même rythme régulier que celui du piano mais celui-ci s'estompe, il est des volutes de fumée, le son baisse au fur et à mesure, il est de plus en plus bas, il n'est plus qu'un murmure et soudain sous l'injonction du son cristallin d'un triangle, il n'est plus.
Je suis restée, mardi, prostée dans ma chambre, sous la lumière tamisée du soir, à regarder la nuit manger le jour.
lundi 8 décembre 2008
la Gomme
Alix
Hunger.
Après son cours aux arts décoratifs elle rentra chez elle. On dîna avec ses parents, sa soeur était là, elle ressemblair à un petit monde à elle toute seule. Elle était habillée en turquoise et son ventre rond ressemblait à la coupole céleste. Elle la trouvait belle, sublime même. Elle lui dit car après tout, elle ne se mentait pas, elle l'avait toujours idéalisée. Même à présent elle avait du mal à la regarder sans ses yeux éberluées de petite fille. Quand elle y arrivait, quand elle se considèrait une égale elle la trouvait tout de même fantastique. Car pour elle elle représentait cet idéal de l'artiste, pour moi elle a toujours été l'Artiste, quand bien même j'en ai rencontré d'autres. Elles se rendirent toutes les deux au cinéma MK2 à Jaurés, sur les quais. Elle découvrit ses amis, qu' elle trouva merveilleux d'intelligence. Ou plutôt intéressants, inaltérables et simpathiques. Elles rentrèrent tard chez Marine, et elle dû rester chez elle.Elle adorait son chez elle. Elle s'y sentait bien en paix, dans une sorte de bulle créative à l'écart du monde. Un monde à part. Elle prit un livre dans sa grande bibliothèque et elle s'endormit en lisant La machine infernale de Cocteau. J'ai juste le souvenir d'une douceur immense, auprès d'elle. Je ne saurais peut-être jamais ce qu'elle pense de moi mais mon estime pour elle dépasse toute entente. C'est d'ailleurs pourquoi je ne souhaite pas qu'elle vienne ici, qu'elle lise mon intimité, qu'elle me juge. Comme avec beaucoup de personnes je garde une certaine réserve mais mes yeux doivent me trahir. Le lendemain je me suis levée avant elle. Le chauffage, à l'ancienne crépitait comme le bois d'une cheminée, la lumière du dimanche matin était douce, je me suis assise, solitaire, lisant, attendant qu'elle se lève. On a pris un 'ti déj que l'on est allé acheter dans le froid vif du matin, puis elle m'a donné des habits, elle a appelée un taco et puis je suis partie.
mardi 2 décembre 2008
16:25
"T'as vu le slim de malade qu'il ale mec?"
"Ouais c'est ouf,et puis la dégaine! mdr"
Je rentre chez moi, 16h25, j'ai fait vite. J'ai l'étreinte une ceinture de migraine qui m'enserre la tête. Alors bon j'ai envie de silence, j'ai envie d'avoir la paix. Il y a longtemps que j'ai pas été aussi lessivée. Jane, m’ ouvre la porte, pas de bonjour, pas de sourire, elle ne me regarde pas dans les yeux. Je ne fait pas attention, j'ai l'habitude, ça fait 17 ans, bientôt que ça dure. Tantôt un "hellooooo sweetie!" dans nos bons jours. Je ne m'en formalise pas, elle est une des rares à respecter mon silence, je respecte le sien. Je l'embrasse vaguement, je lui demande comment ça va. Un grognement, ça ira pas plus loin.
"Tu marques politique et là..."
"Euh..."
"Article prouvant la liberté de la presse et du citoyen."
"De la politique..."
"C'est pas politique la presse couillon!"
Je me pose devant l'ordi, comme d'hab ça ne change pas. Je fais le tour des blogs, mes deux mails, facebook. Il n'y a rien de nouveau. A si, je lis. Et puis ça me donne envie d'écrire ici. En fait ce blog c'est un peu comme un journal intime, en mieux."Salutttt! On vient jouer à guitar hero avec Benjamin"Le silence n'aura pas duré longtemps.
"La conservation des... tu fais trois petits points jusqu'à... jusqu'à ordre"
Alors ils se retrouvent à jouer Black Magic Woman, enfin plutôt à le bousiller. Et puis après ils balancent des idioties sur l'histoire de France, en ponctuant de commentaires sur leur journée. Et puis évidement en parlant fort, très.
"Oh t'as la manette!!!"
"Mais prend le toi! Ça appelle!"
J'ai l'impression que le son ambiant augmente jusqu'à en devenir insupportable et puis je m'enferme à l'intérieur de moi-même dans une bulle de douleur. Non, décidément je ne pense pas que j'arriverai à réfléchir correctement ce soir.Je suis juste parvenue à retranscrire ce qui m'arrivait en ce moment: ma vie est... tout à fait fascinante, comme le dit si bien Pénélope Bagieu. Il faut raconter sa vie de tout les jours car se ne sont au fond, que les choses futiles qui intéressent les gens. Après, il faut savoir le faire de façon attirante, parce que bon, un bloc de texte, il ne faut pas trop leur en demander non plus, c'est dur à avaler. De toute façon je n'ai écrit que pour moi mais c'est à peine si je serais parvenue à me défouler. Le processus créateur peut aller se faire voir pour cette fois.
dimanche 30 novembre 2008
Clarence
Peut-être un jour de courage et d'inspiration, je me lancerai.
Il m'a dit "écrivez", si vous voulez en vivre, il faut que vous vous trouvriez un style.
Il m'a dit "écrivez" si vous voulez vivre, car écrire devient une raison de vivre, une passion;
il écrit compulsivement au beau milieu de la rue comme Felix s'arrète tout d'un coup devant un mur et tague "Herbe" une fois, milles fois.
Il me dit "regardez, ceci, cela et puis Nietzsche et puis Lautréamont" et ses yeux brillent d'intelligence, de passion quand il me fixe en parlant de la vérité.
Quant à moi je me laisse bercer par sa passion, leur passion, rassurée au milieu de leur effervescence, dans ce monde à part qu'est celui des artistes, des philosophes.
Alors j'obéis et je me dit que ce n'est pas si mal, écrire.
Après faudra voir si ça marche.
Nocturne
- Car que l'on pense naïvement qu'en regardant cette image nos lecteurs pourront comprendre notre état d'esprit, nos pensées. Or ce n'est qu'orgueil de notre part si l'on pense que notre talent tend à cette extrème, car après tout, si une photo m'apparait d'une profonde mélancolie, elle pourra être, pour un autre, creuse de tout sentiment. Dans ce cas on pourrait pensait que tout oeuvre devrait être expliquer de fond en comble dans ses moindres détails - il faudrait réussir à réinterpréter ses sentiments et les retranscrir en mots -; mais alors elle perdrait tout son charme. Ceci n'est qu'un bloc de texte innutile ici pour remplir un vide symptomatique. Tentative d'utilisation des outils logique qui malgrè tout ne se détachent pas de moi.
---------------------------------------------
Le 30 novembre 2008,
deux heures, trois minutes, et 26 secondes,
il neige à Paris et je fixe la portion de temps qui s'écoule par dela le cadre de la fenêtre.
Dans ma chambre, le temps s'est arrété. Ou du moins, j'en ai l'illusion, j'ai l'impression qu'en restant éveillée je pourrais échapper à la fuite du temps en avant, à cette innecdutable course contre la montre. La ville est endormie, pour la première fois de l'année, des flocons tombent sur ville. Je n'ai pas la force de dessiner, ni d'écrire - simplement je laisse mes pensées vagabonder-, je regarde des éléments passer d'un bout à l'autre du cadre de la fenêtre. Des gens qui passent, pressés, un type que je connais sans doute, qui revient d'une soirée, des cheveux immaculés de blanc, une voiture, puis une autre. Je pense que j'adore l'hiver, avec ses soirées au chaud tandis que dehors les gens, sans lever le nez, courent d'un refuge à l'autre. J'adore cette nuit, où je suis enfin, seule au monde à contempler cette merveille. - vous autres, vous ne la verrez pas -
Et puis soudain j'ai envie de créer, j'ai envie de fixer l'image que j'ai de cette nuit d'hiver en automne. Et puis je prend des photos, en noir et blanc, de ma nostalgie nocturne.